Remplacement de fenêtres à Avignon : les conseils d’Agathe

Remplacement de fenêtres à Avignon : les conseils d’Agathe

16 août 2026 Non Par actibaie

Remplacement de fenêtres à Avignon : « Ici, le vrai sujet n’est pas le froid, c’est le mistral et la chaleur »

Agathe Martiziac est consultante en travaux et intervient régulièrement sur L’Art d’économiser. Entre les contraintes patrimoniales de l’intra-muros, un mistral qui met les menuiseries à rude épreuve et des étés à 40 degrés, changer ses fenêtres à Avignon ne se traite pas comme ailleurs. Elle nous explique où mettre son argent et où ne surtout pas le mettre.

Quelle est la première erreur des Avignonnais qui changent leurs fenêtres ?

Agathe, par quoi commencent-ils en général ?

Par le coefficient thermique. Ils comparent des Uw, ils cherchent le chiffre le plus bas. Certains vont jusqu’au triple vitrage en pensant faire le bon choix.

Or à Avignon, le triple vitrage est un investissement mal placé dans la quasi-totalité des cas. Les hivers sont courts et doux, le retour sur investissement est très long. Le triple vitrage filtre davantage le rayonnement solaire, ce qui vous prive d’apports gratuits l’hiver sans rien vous apporter contre la chaleur d’été. Vous payez 20 % de plus pour un bénéfice quasi nul.

Sur quoi faut-il regarder, alors ?

Sur deux paramètres que personne ne demande jamais : le classement AEV et le facteur solaire du vitrage. Ce sont eux qui décident du confort réel dans notre région.

Le mistral : le paramètre numéro un

Le mistral a un impact direct sur le choix des menuiseries ?

Un impact énorme. Avignon est dans le couloir rhodanien, on prend des rafales à 100 km/h plusieurs fois par an. Un mistral installé peut souffler pendant trois jours sans faiblir. Une fenêtre correcte à Tours peut se révéler inconfortable ici.

Comment se manifeste le problème ?

De trois manières. Les sifflements, d’abord, quand l’air se faufile dans les jeux de la menuiserie. Les infiltrations d’eau ensuite, parce qu’une pluie poussée à l’horizontale ne se comporte pas comme une pluie verticale et remonte là où elle ne devrait pas. Et la déformation, enfin : sur un grand ouvrant, la pression du vent fait fléchir le vantail et décolle le joint sur une partie de sa longueur.

Que faut-il exiger du devis ?

Le classement AEV, écrit noir sur blanc. Trois lettres, trois chiffres : A pour l’air, E pour l’eau, V pour le vent. Dans le Vaucluse, je conseille de ne pas descendre en dessous d’un A*4, E*7B, V*A2, et de viser mieux si vous êtes exposé plein nord ou en hauteur.

Beaucoup d’installateurs vous parleront uniquement du Uw et du vitrage. S’ils n’ont pas les valeurs AEV sous la main, c’est un signal.

Et les volets ?

Même vigilance. Des volets battants sans arrêts efficaces, dans le mistral, ça claque, ça casse les gonds et ça finit par abîmer la façade. Faites poser des arrêts à bascule au sol, pas de simples arrêts muraux. C’est un détail à 40 euros qui évite un remplacement à 800.

La chaleur d’été : où passe vraiment l’argent utile

On dépasse régulièrement les 38 ou 40 degrés en été. Une fenêtre peut-elle aider ?

Elle peut, à condition de raisonner à l’envers de ce qu’on fait dans le nord. Là-haut, on cherche à faire entrer le soleil. Ici, on cherche à le bloquer.

Le paramètre s’appelle le facteur solaire, noté g. Plus il est bas, moins l’énergie solaire traverse. Un vitrage standard est autour de 0,60, un vitrage à contrôle solaire descend vers 0,35 ou 0,40. Sur une grande baie exposée ouest, celle qui prend le soleil de fin d’après-midi en pleine canicule, la différence de température intérieure se sent immédiatement.

C’est le meilleur investissement contre la chaleur ?

Non, et c’est important de le dire. Le meilleur investissement, c’est la protection solaire extérieure. Un volet, un store, un brise-soleil orientable arrête le rayonnement avant qu’il n’atteigne le verre. Un vitrage à contrôle solaire, lui, ne fait que limiter ce qui passe.

À budget égal, une fenêtre correcte plus un BSO à l’ouest battra toujours une fenêtre haut de gamme sans occultation. Si votre budget est serré, arbitrez dans cet ordre.

Et les tableaux profonds des vieilles maisons ?

Ne les touchez pas. Les murs en pierre de nos bâtisses anciennes créent des embrasures de 40 ou 50 centimètres qui font de l’ombre naturelle en été, quand le soleil est haut. Certains rénovateurs veulent élargir ou avancer la fenêtre au nu extérieur pour gagner de la lumière. Vous gagnez de la lumière et vous perdez votre confort d’été. C’est un mauvais échange sous notre latitude.

Intra-muros : ce que l’ABF va vous dire

Le centre d’Avignon est très protégé. Qu’est-ce que ça implique concrètement ?

Que vous n’êtes pas libre du choix. Il faut l’intégrer au projet dès le premier jour. L’intra-muros est un secteur patrimonial protégé et une grande partie de l’agglomération se trouve dans le périmètre des monuments historiques. Une déclaration préalable en mairie est nécessaire dès que vous modifiez l’aspect extérieur, ce qui est presque toujours le cas quand on change des fenêtres.

Qu’est-ce qui est généralement refusé ?

Le PVC blanc, très souvent. Les volets roulants avec coffre en saillie sur la façade, presque systématiquement. Les teintes qui ne correspondent pas au nuancier local. Et les partitions modifiées : si votre fenêtre avait des petits bois ou trois vantaux, on vous demandera de les conserver.

Que reste-t-il comme solutions ?

Beaucoup plus qu’on ne croit. Le bois reste la valeur sûre et il est très bien accepté. L’aluminium à rupture de pont thermique passe souvent, avec des profils fins et une teinte validée. Pour l’occultation, on remplace le volet roulant extérieur par un coffre intégré à l’intérieur, ou on restaure des persiennes.

Mon conseil : allez voir le service urbanisme avant de signer le devis, pas après. Un rendez-vous d’une demi-heure vous évite un refus, un dossier à reprendre, et parfois une commande de menuiseries inutilisable.

 

PVC, alu ou bois : que choisir sous le soleil du Vaucluse ?

Le PVC est le plus vendu. Est-il adapté ici ?

En blanc et en teinte claire, oui, sans problème. En teinte foncée et en exposition plein sud ou ouest, je le déconseille. Un profil PVC sombre peut monter très haut en température au soleil, et sur le long terme on observe des déformations et des difficultés de manœuvre. Les fabricants ont progressé avec les renforts et les films de nouvelle génération, mais le risque existe et il est spécifiquement le nôtre.

Donc l’aluminium ?

Pour les teintes foncées et les grandes dimensions, oui. Il tient mieux à la chaleur, il permet des profils fins qui plaisent aux Bâtiments de France, et il encaisse mieux les efforts du vent sur les grands ouvrants. C’est plus cher, mais sur une grande baie exposée c’est le bon choix.

Et le bois ?

Sous-estimé. Il est excellent thermiquement, il est accepté partout en secteur protégé, et notre climat sec lui convient beaucoup mieux qu’un climat océanique humide. L’entretien existe, comptez une reprise tous les sept à dix ans, mais on est loin de la contrainte qu’on imagine.

Pour comparer les solutions, trouver un artisan et estimer votre projet, rendez-vous ici : https://www.art-economiser.com/remplacement-fenetres-avignon/

Deux sujets qu’on oublie toujours

Lesquels ?

Le bruit, d’abord. Entre l’A7, la rocade, les voies ferrées et la circulation dans certains quartiers, beaucoup d’Avignonnais ont un vrai problème acoustique. La bonne réponse n’est pas le triple vitrage, contrairement à ce qu’on entend : c’est un double vitrage asymétrique avec un verre feuilleté acoustique, du type 44.2/16/4. Vous gagnez 5 à 7 décibels par rapport à un vitrage standard, ce qui divise la gêne perçue.

Attention aussi aux entrées d’air en menuiserie. Si votre logement est en ventilation naturelle, on va en poser dans les fenêtres, et une entrée d’air standard laisse passer le bruit. Demandez des entrées d’air acoustiques, c’est une option peu coûteuse.

Et le deuxième sujet ?

Les moustiquaires. Le moustique tigre est bien installé dans le Vaucluse, et si vous voulez ouvrir la nuit pour rafraîchir votre logement, ce qui est la meilleure stratégie de confort d’été qui existe, il vous en faut. Faites-les chiffrer en même temps que les fenêtres : intégrées à la pose, elles coûtent beaucoup moins cher qu’ajoutées après coup, et elles sont mieux finies.

Aides et budget

À quel budget faut-il s’attendre ?

Pour une fenêtre à deux vantaux de dimension courante, posée, comptez de l’ordre de 600 à 900 euros en PVC, 900 à 1 400 en aluminium, et une fourchette large en bois selon l’essence et les finitions. Ajoutez le coût de la dépose totale si vous retirez l’ancien dormant, ce qui est fréquent dans le bâti ancien avignonnais.

Dépose totale ou pose en rénovation ?

La pose en rénovation, sur l’ancien dormant conservé, est plus rapide et moins chère, mais elle vous fait perdre plusieurs centimètres de clair de vitrage sur chaque côté. Dans les appartements anciens du centre, où les fenêtres sont parfois déjà étroites, la perte de lumière est très visible. Sur les pièces principales, la dépose totale vaut souvent son surcoût.

Quelles aides mobiliser ?

La TVA réduite à 5,5 % s’applique pour un logement de plus de deux ans, directement sur la facture de l’entreprise, à condition qu’elle soit RGE. Les certificats d’économie d’énergie, versés par les fournisseurs d’énergie, restent accessibles. Pour MaPrimeRénov’, les conditions applicables aux fenêtres évoluent régulièrement selon qu’on est en geste isolé ou en rénovation d’ampleur : vérifiez l’état du dispositif au moment de votre projet, et faites-vous confirmer votre éligibilité par écrit avant de signer.

Un point de méthode : ne signez jamais un devis présenté comme conditionné à une aide « obtenue pour vous » par le vendeur. C’est le schéma classique des démarchages abusifs, et le Vaucluse en connaît beaucoup.